Fuite autour d’une cheminée

Une fuite près de la cheminée ? Le solin est souvent le premier suspect

Autour d’une cheminée, l’eau peut passer par un angle, une bande de zinc ou un raccord au mur, puis ressortir plus bas. Quelques indices permettent de cadrer le diagnostic sans grimper sur la toiture.

Publié le 7 août 2026 à 17:55 par Nicolas Béranger

Couvreur sécurisé inspectant le solin en zinc autour d’une cheminée sur un toit en tuiles mouillées

Une auréole apparaît près du conduit après une pluie battante. Depuis le jardin, les tuiles semblent pourtant en place. La fuite peut venir du raccord qui entoure la souche de cheminée, là où la couverture doit rejoindre une paroi verticale sans bloquer l’écoulement de l’eau. Ce raccord comprend souvent des pièces de zinc, une bavette et une protection fixée ou engravée dans la maçonnerie. On parle couramment de solin, même si le couvreur emploiera aussi le mot abergement pour désigner l’ensemble.

Une cheminée coupe le trajet normal de la pluie sur le versant. L’eau doit passer devant, longer les deux côtés puis être écartée derrière la souche. Une ouverture minuscule à un angle peut suffire lorsque le vent pousse la pluie sous une tuile. Avant de prévoir le remplacement du zinc, il faut donc retrouver le trajet de l’eau et contrôler les quatre faces du raccord.

Pourquoi le solin concentre les fuites

L’Agence Qualité Construction classe les solins parmi les points singuliers où se produisent la plupart des infiltrations des couvertures en petits éléments. La fiche cite notamment l’oubli d’un solin, une tête mal protégée contre le ruissellement, une engravure défectueuse, un couloir latéral trop étroit ou des raccords d’angle discontinus.

Ces défauts ne sont pas tous visibles depuis le sol. Une bavette peut paraître propre sur la face avant alors que l’eau passe derrière la cheminée. Le zinc peut aussi être intact, mais mal raccordé à l’enduit. À l’inverse, une trace sombre ou un peu de mousse ne prouvent pas qu’il fuit. Il faut faire coïncider l’état du raccord, le chemin humide observé dans les combles et les conditions météo qui déclenchent la tache.

L’endroit où l’eau ressort prête souvent à confusion. Elle peut entrer au-dessus de la cheminée, suivre un liteau ou la sous-face d’un écran, puis tomber plus loin. Notre guide pour retrouver l’origine d’une fuite après la pluie explique comment remonter cette piste sans conclure trop vite à partir de l’auréole du plafond.

Commencez par le sol et les combles

Attendez la fin de l’orage, puis photographiez la cheminée depuis plusieurs angles avec le zoom du téléphone. Cherchez une bande métallique soulevée, un angle ouvert, un joint détaché du mur ou une tuile cassée juste à côté. Regardez aussi l’arrière de la souche si la pente et la distance le permettent. Des feuilles ou des débris peuvent y ralentir l’eau, sans être la cause unique de la fuite.

Dans les combles accessibles, utilisez une lampe et restez sur un plancher porteur. Une trace qui commence sur le côté amont de la cheminée, un bois humide sous le couloir de zinc ou une ligne brillante sous une pièce métallique orientent le diagnostic. Prenez une photo large avant d’essuyer quoi que ce soit. Lors de la prochaine pluie, elle permettra de voir si la zone s’étend ou si l’eau suit toujours le même chemin.

Ne montez pas sur les tuiles pour soulever le zinc. L’INRS rappelle que les chutes surviennent depuis les toitures, mais aussi depuis les échelles et les escabeaux. Une couverture mouillée ajoute encore du risque. Si le vent a déplacé plusieurs éléments, reprenez la méthode d’inspection du toit après une tempête et laissez le contrôle rapproché au couvreur équipé.

Le zinc n’est pas toujours coupable

Une tuile fissurée située au-dessus de la cheminée peut envoyer de l’eau vers le raccord alors que le solin reste sain. La pluie peut aussi entrer par une fissure de l’enduit, un chapeau dégradé ou un joint ouvert plus haut sur la souche. Le couvreur doit donc contrôler la couverture en amont et la maçonnerie avant d’accuser la pièce métallique visible.

Le moment où la tache apparaît apporte un indice. Une infiltration qui suit une pluie avec vent et touche toujours le même côté de la cheminée oriente vers le raccord extérieur. Une humidité présente sans pluie, de la condensation autour du conduit ou une odeur anormale demandent un autre diagnostic. Dans ce cas, la couverture n’est peut-être qu’une partie du problème et le conduit doit être examiné par le professionnel compétent.

Il faut également distinguer une fuite active d’une ancienne auréole. Mesurez la largeur de la trace au crayon sur une zone sèche ou prenez des photos datées. Si elle ne change pas pendant plusieurs pluies, le défaut a peut-être déjà été repris. Si elle fonce, gonfle le parement ou laisse tomber de l’eau, protégez la pièce et faites intervenir rapidement.

Un cordon de mastic ne répare pas un mauvais écoulement

Recouvrir un angle de silicone peut arrêter une petite entrée d’eau pendant quelque temps. Ce geste ne corrige ni une bande trop courte, ni un couloir qui renvoie l’eau sous les tuiles, ni une tête de solin mal raccordée au mur. Le mastic vieillit alors sur une pièce qui continue de bouger avec les écarts de température. La fuite revient souvent à côté du premier patch.

L’AQC montre par exemple une bande de solin mal exécutée dont la bavette n’est ni engravée dans le mur ni adaptée au profil de la couverture. Ajouter du produit en surface ne remet pas l’eau sur le bon trajet. Même réserve pour la mousse expansive injectée depuis les combles : elle cache le passage, retient parfois l’humidité et complique la reprise propre du raccord.

Une réparation locale reste possible lorsque le métal est sain et que le défaut se limite à un raccord précis. Si plusieurs angles sont ouverts, si le zinc est percé ou si des reprises successives forment un empilement de mastics et de mortier, la dépose de l’abergement devient plus cohérente. Le couvreur peut alors refaire la continuité autour de la souche et vérifier ce qui se passe sous les tuiles voisines.

Ce que le devis doit préciser

Demandez au couvreur de nommer la cause probable et la zone reprise. La formule "réparation d’une fuite autour de la cheminée" reste trop vague. Le devis doit indiquer si l’entreprise intervient sur la bavette, la bande fixée dans la maçonnerie, les couloirs latéraux, la partie arrière de l’abergement ou les tuiles adjacentes.

Le document doit aussi préciser la dépose prévue, le matériau remis en place, les reprises de maçonnerie éventuelles, l’accès au toit et l’évacuation des déchets. Si l’intérieur est déjà humide, demandez comment l’entreprise vérifiera la disparition de la fuite avant de refermer un doublage ou de repeindre. Une photo avant et après facilite ce contrôle.

Comparez enfin le périmètre, pas uniquement le total. Une offre qui prévoit un joint en surface n’a rien à voir avec une dépose complète des tuiles autour de la souche et la réfection de l’abergement. Les points de contrôle de notre article sur les lignes manquantes dans un devis de toiture s’appliquent aussi à cette petite intervention.

En attendant le couvreur

Déplacez les meubles, protégez le sol et recueillez l’eau sans percer le plafond à l’aveugle. Si l’humidité approche un luminaire ou des câbles, coupez le circuit concerné. Gardez les photos de la tache, de la météo du jour et des dégâts visibles. Pour la partie assurance, notre guide sur la prise en charge d’une fuite de toiture rappelle pourquoi les dommages intérieurs et la réparation de la cause ne sont pas toujours traités de la même façon.

Un bâchage posé depuis le toit doit rester une intervention professionnelle. Depuis l’intérieur, surveillez plutôt l’évolution de la trace et aérez la pièce quand la pluie a cessé. Le diagnostic utile tient en peu de choses : le côté de la cheminée touché, le moment où l’eau apparaît, le trajet visible dans les combles et les réparations déjà tentées. Avec ces éléments, le couvreur pourra décider s’il faut reprendre un raccord précis ou refaire l’abergement complet.

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Portrait de Nicolas Béranger

Conseiller travaux de toiture

Nicolas Béranger

Conseiller terrain pour les projets de couverture, Nicolas aide les particuliers à lire un devis, cadrer une urgence et repérer les points à vérifier avant de choisir un couvreur.

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